Pascal Thomas

Biographie Pascal Thomas
Cinéaste français, né à Paris, de père poitevin et de mère berrichonne.

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Ne suivant pas le conseil que lui avait donné Jacques Chardonne : « Surtout, pas de journalisme ! », il entre en 1965 à Paris Presse, puis au Nouveau Candide. Il écrit aussi pour Réalités, Elle, Marie-Claire, Lui… etc.

À Montargis, avec son professeur de français, Roland Duval, qui deviendra le collaborateur de ses premiers films, il crée un ciné-club et participe à « VO » (Vicinal Ordinaire de l’actualité cinématographique), une revue de cinéma, iconoclaste et provocatrice dont les cibles sont, entre autres : Antonioni, Les Cahiers du cinéma, Télérama… et bien d’autres fausses institutions.

Il crée en 1967, avec Guy Peellaert , Pravda la Survireuse, bande dessinée, emblématique des années Pop Art, tourne de nombreux sujets pour Dim Dam Dom, l’émission de Daisy de Galard et en 1968, réalise une série de reportages dont, grâce à son ami Bobby Seale, le premier film sur les Black Panthers et Huey Newton alors emprisonné à Alameda County.

Répondant à la suggestion de Claude Berri, il écrit son premier scénario, extrait d’un épisode d’un roman autobiographique qu’il n’achèvera jamais. Ce scénario deviendra son premier et seul court-métrage, Le poème de l’élève Mikovsky, une sorte d’avant-propos au long métrage réalisé à la suite, Les Zozos (1972). Film sur l’adolescence au ton très neuf et très libre, il apparaît aux yeux de la critique comme « un classique immédiat » et connaît un considérable succès.

Triomphe confirmé et amplifié par Pleure pas la bouche pleine et Le chaud lapin, qui lancent Bernard Menez, puis, Confidences pour confidences, Celles qu’on n’a pas eues et Les maris, les femmes, les amants.

Dilettante par caractère, Pascal Thomas, abandonne momentanément le cinéma pour voyager, collectionner (il est bibliophile), et n’y revient qu’en 1998 pour réaliser une sorte d’autoportrait détourné, (le rôle est incarné par une femme, Catherine Frot), La Dilettante justement !

Fidèle à sa légèreté, il passe les années suivantes à « papillonner » et même à ne rien faire.

Ce qui ne l’empêche pas de présider la Commission d’avance sur recettes où sur les conseils complices du cinéaste italien Vittorio Cottafavi , il ajoute à la commission d’avances aux premiers films, une avance à « la ultima opera », c’est-à-dire, l’avance au dernier film, ceci pour réparer l’injustice faite aux cinéastes dont le seul défaut est de ne pas être dans le goût du jeunisme requis par le conformisme des commissions.

Président de la Société Française des Réalisateurs de Films de 2001 à 2006, il redonne de la vigueur et toute sa force à La Quinzaine des Réalisateurs, en allant chercher Olivier Père qui se révèle un délégué général, très cinéphile, au goût très sur.

Pour couronner un cinéaste indépendant, et l’honorer, par ses pairs, il invente Le Carrosse d’or, remis au Festival de Cannes depuis six ans, lors de la cérémonie d’ouverture de La Quinzaine, à des cinéastes tels que Jacques Rozier, Clint Eastwood, Nanni Moretti, Ousmane Sembene, David Cronenberg, etc…

Toujours pour s’amuser (et amuser !) et faire en sorte qu’on le trouve là où on ne l’attend pas, il réalise, coup sur coup, de 2004 à 2008, trois adaptations de romans d’Agatha Christie, Mon petit doigt m’a dit , L’Heure zéro et Le crime est notre affaire, qui relancent la mode des « whodunit », mais aussi des films plus secrets comme Mercredi, folle journée et Le grand appartement.

En 2009, retour à comédie, avec Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour… Là encore, il espère que ce film sera comme Pleure pas la bouche pleine et Le Chaud lapin, l’ont été pour Bernard Menez et La Dilettante pour Catherine Frot, « un véhicule » pour Julien Doré, dont c’est la première apparition au cinéma.

Longtemps, Pascal Thomas a eu cette particularité d’être un cinéaste « sans prix », (au double sens du terme).

Cette singularité a pris fin, en 2008, date à laquelle l’Académie française l’a honoré de son « Grand Prix du Cinéma ».