Dominique Coujard

Dominique Coujard

Professeur de cinéma-audiovisuel et de sciences de la vie et de la Terre

dominique_coujard

Dominique Coujard

Dans ma famille, la salle obscure était plutôt un lieu de perdition pour les enfants et les ados. J’étais en 1ère lorsque la télé est arrivée dans notre foyer. Les seuls films autorisés étaient les documentaires et quelques Walt Disney. Mais pour mes 16 ans, j’ai reçu une caméra Super 8…

Professeur de SVT en collège, lassée d’utiliser les films muets en cours, je saute sur le premier magnétoscope VHS de l’établissement et je découvre l’analyse filmique avec mes élèves : je décortique avec eux des extraits d’émissions scientifiques en leur montrant comment la science est mise en scène à l’écran. Je me lance dans le montage de projets : expositions audiovisuelles, vidéos puis créations multimédias… Un projet sur la « Naissance en Lorraine » est parrainé par A. Minkowski, grand spécialiste des prématurés. Grâce à un don, le collège a acheté une des premières caméras VHS couplées à un magnétoscope porté à l’épaule. Adieu projecteurs de diapos, Simda, magnétophone UHER ! Première réalisation vidéo : un travail de mémoire avec les grands-parents de nos élèves, derniers témoins de la guerre de 1914 dans le secteur.

J’arrive en lycée. La vidéo est désormais pour moi un outil pédagogique incontournable. Mais comment faire, sans caméra ni magnétoscope ? Avec mes collègues de lettres, musique et dessin, nous montons un projet de film en partenariat avec une maternité : Visite au domicile d’un bébé in utero. Les élèves écrivent la voix off (point de vue subjectif) en cours de français, sur des rushes d’échographie en Umatic. Une subvention de l’Anvar nous permet de monter le film… qui obtient le 1er prix « Éducation » au Festival international du film scientifique de Palaiseau. Avec un collègue, qui anime un cinéclub, nous réussissons à obtenir l’ouverture d’une option cinéma. J’écume alors les stages de formation (Femis, Louis Lumière, Festival de l’Océan Indien) pendant lesquels je rencontre scénaristes, réalisateurs, chefs opérateurs… Ensuite, j’intègre le cinéma dans mes cours ou les stages de formation que j’anime. Le réalisateur d’un film nous offre un extrait de scénario, les élèves en effectuent un découpage technique. Il offre les rushes d’une scène, les élèves en effectuent le montage. Puis ils découvrent le film en salle et comparent leur travail à celui de l’équipe de réalisation : un moment magique ! Autre moment fort : avec l’aide d’un compositeur de musique de film, élèves et enseignants créent ensemble une musique sur un extrait vidéo…

Je participe à l’animation du Quai des Images, webTV pédagogique. C’est un vrai bonheur de recevoir un mail d’un enseignant canadien ou australien qui me dit avoir exploité telle ou telle ressource. Avec l’arrivée du téléphone portable, des blogs, des logiciels libres, de la vidéo en streaming, ce défi me passionne ! En Lozère, je viens de créer un espace web de partage autour du cinéma : Cinélozère développe l’accès à la culture cinématographique pour tous un en gommant les difficultés géographiques. Un dernier grand souvenir : mon envol pour Lisbonne pour recevoir le 1er prix Elearning European Schoolnet. Ce prix récompense les écoles qui font preuve d’innovation en matière de nouvelles technologies, expérimentent de nouvelles pratiques pédagogiques, « enseignent l’Europe » de façon originale et forment des enseignants.