Projection de « Des Hommes et des dieux » à Paris

200 personnes ont assisté à la projection du film de Xavier Beauvois, Prix 2010 de l’Éducation, le 15 septembre à Paris. Ensuite, ils ont débattu avec Étienne Comar, coscénariste du film.

LycéensDans la salle, 80 lycéens et une centaine d’adultes : enseignants, conseillers pédagogiques, proviseurs, inspecteurs, délégués académiques à l’action artistique et culturelle. Des représentants de France 5, partenaire du Prix, étaient aussi présents.

Quelles recherches historiques pour condenser 3 ans d’histoire en 2 heures de film ?
Étienne ComarL’objectif du film est de retranscrire « l’esprit dans lequel les moines ont vécu ces 3 années », a expliqué Étienne Comar. D’où le parti pris d’unité de lieu, de temps et de personnages. Certains éléments du film sont réels, comme la lettre du père Christian qui clôt le film, ou celle dans laquelle le frère Luc cite Pascal. 

Pourquoi avoir choisi de tourner cette histoire avec Xavier Beauvois ?
Dans les années 1990, l’Algérie vivait encore des soubresauts de la colonisation. Le sujet est d’ailleurs toujours d’actualité aujourd’hui. D’autre part, l’histoire était intéressante sur les plans humain (le « dévouement extraordinaire » des moines) et politique (en termes d’éthique et de liberté). « L’histoire avait déjà une structure narrative forte », a souligné le coscénariste.

Quelle part d’initiative pour les acteurs ?
Les acteurs qui ont joué les moines ont fait une retraite d’une semaine dans un monastère. Certains ont rencontré les familles des moines de Tibhirine, d’autres ont lu leurs écrits. Certains ont modifié leurs textes (par exemple, Paul, dans le dialogue où il évoque l’amour).

Quelles références artistiques dans l’écriture et la réalisation ?
Du néo-réalisme italien, le film a retenu la simplicité et l’harmonie. Les axes de la caméra, par exemple, fixes au début, deviennent plus mobiles et utilisent davantage les gros plans pour suivre la montée en tension du récit.

On retrouve aussi dans le film des références iconographiques qui évoquent la peinture de la Renaissance italienne et une certaine représentation des martyrs.

Les spectateurs et Étienne Comar sont aussi revenus ensemble sur certaines scènes du film. Le coscénariste a rappelé le parti pris du film de raconter l’histoire du point de vue des moines, pour éviter la polémique.

Le débat s’est élargi au rapport entre l’art et l’histoire et au fait religieux. Pendant le tournage, les acteurs se sont interrogés sur leur rapport à la foi. Le film a capturé cette transcendance.

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« Des Hommes et des dieux » sort au cinéma